Psychothérapie et décision

Quand consulter ? Les signes qu'il est temps de franchir le pas

Comment savoir si c'est le bon moment pour demander de l'aide, et pourquoi il vaut souvent mieux ne pas attendre que tout s'effondre, à travers ce que j'observe dans ma pratique de psychothérapeute et de sexologue.

Par Etienne Dupont ·

Aquarelle : un petit pont de bois au-dessus d'un ruisseau calme, un chemin qui commence de l'autre côté dans une prairie, sous une douce lumière du matin.

On entend souvent, en début de première séance : « J'aurais dû venir plus tôt. » Beaucoup de personnes ont attendu des mois, parfois des années, en se disant que cela allait passer, que d'autres ont des problèmes plus graves, qu'elles devaient s'en sortir seules. Cette hésitation est très humaine, et elle mérite d'être comprise plutôt que jugée.

Consulter n'est pas réservé aux crises

On imagine souvent qu'il faut être vraiment mal pour consulter. Or une psychothérapie sert aussi à comprendre ce qui se répète dans notre vie, à traverser un changement, à ne pas laisser une difficulté s'installer. Plus on consulte tôt, plus il est souvent simple d'agir, parce que les automatismes sont moins ancrés.

Quelques signes qui peuvent inviter à franchir le pas

La difficulté dure et ne s'améliore pas, malgré vos efforts. Elle prend une place démesurée dans votre quotidien, votre sommeil, votre travail ou vos relations. Vous évitez des situations, des personnes ou des lieux pour ne pas ressentir ce que vous ressentez. Vous vous reconnaissez dans les mêmes scénarios, que vous voudriez changer sans y parvenir. Vous savez, dans votre tête, que votre réaction n'est pas logique, et pourtant elle persiste. Ou simplement : vous sentez que quelque chose n'est plus comme avant, et vous avez envie d'y voir plus clair.

Les raisons que l'on se donne pour attendre

« Ce n'est pas assez grave. » « Je vais m'en sortir seul. » « J'ai honte. » « Qu'est-ce que cela va changer ? » Derrière ces phrases, on trouve souvent la peur d'être jugé ou de devoir tout raconter d'un coup. Or un premier entretien ne vous oblige à rien : il sert à faire le point et à voir si la façon de travailler vous convient.

Il ne faut pas aller mal pour aller mieux

Il existe dans la thérapie brève une phrase que j'aime beaucoup : il ne faut pas aller mal pour aller mieux. Autrement dit, on n'a pas besoin d'attendre d'être au fond du trou pour consulter. Venir pour une séance alors que ce n'était finalement pas très grave n'a pas d'inconvénient : il y a très peu de risque d'aller moins bien en consultant, et on repart avec un éclairage sur sa situation.

Il peut arriver qu'une thérapie n'apporte pas ce que l'on espérait. Ce n'est peut-être pas le bon thérapeute, ni le bon moment, ou il reste un travail à faire de son côté. Cela fait partie du processus, et cela ne signifie pas que l'on ne peut pas aller mieux.

Le thérapeute comme catalyseur

Pour moi, le thérapeute est un catalyseur. Il ne change pas la personne à sa place : il accélère un peu les choses dans son propre désir de changement. Le mouvement vient de vous. Mon rôle est de le faciliter.

Et en cas d'urgence

Si vous avez des pensées de mort ou une envie de vous faire du mal, ne restez pas seul. En Belgique, contactez le 112 en cas de danger immédiat, ou le Centre de prévention du suicide au 0800 32 123, joignable à tout moment.

Des questions à se poser

  • Depuis combien de temps cela dure-t-il ?
  • Qu'est-ce que cela me coûte aujourd'hui, dans ma vie, mon énergie, mes relations ?
  • Qu'est-ce que je me dis pour retarder ?
  • Et si je me donnais la permission d'en parler une seule fois, avec quelqu'un dont c'est le métier ?
Toutes les réflexions

Un premier pas, à votre rythme

Un premier entretien permet de faire le point sur ce que vous vivez et de voir ensemble comment avancer.